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Perversion et deuil originaire

C’est dans la relation que s’exprime la perversion narcissique.
Dans sa tentative de se mettre à l’abri de la douleur et des conflits internes  surtout le deuil, le pervers narcissique cherche à disjoindre les informations, les personnes et les pensées.
Quelle paradoxalité l’entraînerait-il à nier les origines de la psyché? Et quels seraient les ratés du deuil originaire le rivant au triste sort de la perversion ?

Hystérie et modernité

Plus de quatre mille ans, et le discours médical cherche à abriter les symptômes de l’hystérique. Actuellement, on dit qu’elle n’existerait plus.

L’hystérie prend de nouvelles formes, se compose, autrement qu’hier avec le pharmacon, avec les douleurs du corps. Méconnaissable, mais avec un discours. Elle se fait elle-même théoricienne d’un savoir autre, un savoir qui fait appel au corps pour montrer que l’être humain peut être perturbé par son lien au désir de l’Autre. Elle dénonce cette aliénation structurale à l’Autre comme condition de l’existence d’un sujet désirant.

Seule la psychanalyse reconnait aujourd’hui sa présence dans le monde, en l’accompagnant dans ses formes les plus contemporaines. Elle est actuelle,
toujours et encore.

Représentations du corps dans l’art : enjeux identitaires

La représentation inconsciente de soi va-t-elle de soi? Sinon, où se situent les ratages du narcissisme, les pathologies de l’image du corps et quels en sont leurs effets?

Face aux vacillements identitaires, l’art serait-il effectivement salvateur? Peut-il constituer une manière d’endiguer les menaces de dissolution du moi?

Pouvons-nous supposer qu’à travers leurs oeuvres, des artistes, tels Van Gogh, Bacon, ou Artaud tentent de tisser leur peau et de prendre conscience des contours de leur corps de par la dimension tactile, l’empreinte corporelle? Ce processus créateur aurait-il ainsi une quelconque dimension thérapeutique? Et finalement, quels sont les mécanismes qui sous-tendent l’art et à quelles sources l’artiste puise-t-il son inspiration ?

Fonctionnement institutionnel et discours analytique

Le parcours institutionnel dans la reconnaissance de ses limites, résistances, failles et dissonances, semble être incontournable en vue d’entamer le deuil de son propre idéal.

C’est de cette séparation que le “travail” émerge, débute à peine et avec peine.

La crainte de la perte de l’objet ; le désir constant de préserver cet objet, fondé et institué, parfois à coups de procédures et de règlementations, emprisonne l’action et la créativité sous couvert d’ouverture, d’émancipation et de progrès.

Pourtant, ce qui importe, c’est l’acte d’instituer, c’est ce mouvement, cette médiation qui accepte et organise les demandes.

Ce qui importe, c’est ce qui énonce que là où ça s’arrête, là où la tension disparaît, là où l’angoisse cède le pas à la jouissance, c’est la mort assurée.

Ce qui importe, c’est ce qui reconnaît que là où il n’y a plus de désir, là où le projet commun se fige, se sacralise, c’est la faillite institutionnelle, l’inertie suffocante et démobilisatrice.

C’est par ce constat que nous remarquons l’importance vitale de l’articulation entre fonctionnement institutionnel et discours analytique, de ce processus qui demande sans cesse à être réinventé, questionné et interrogé, comme en écho à soi-même, tout en assumant le risque d’y perdre quelque chose, d’y laisser sa peau, une peau, nécessairement, comme un prix symbolique à payer en vue de toute métamorphose, de tout changement, de toute maturation, à priori…

SLP - Fontionnement institutionnel et discours analytique

Jouissance et perversion du lien social

Notre époque est celle où le sujet se trouverait davantage occupé de sa jouissance que de son désir. Si l’on définit le désir par un manque, un manque qui pousse en avant, on y opposera volontiers la jouissance. Par opposition au désir, la jouissance ce serait ce que le sujet assouvirait, et qui viendrait plutôt boucler le manque, clore le désir. C’est à ce titre qu’elle prendrait une place particulière dans notre monde contemporain.

Quel rapport va-t-il avoir entre jouissance et perversion du lien social ?

Si, par ailleurs, on peut définir la perversion au sens strict- l’une des trois grandes structures psychiques avec la névrose et la psychose- comme «  l’expérience d’une passion humaine où le désir se supporte de l’idéal d’un objet inanimé »(Lacan), à l’exemple du fétichiste,  on voit bien que la ligne de partage qui permet d’isoler sa spécificité passe par la reconnaissance de l’altérité. Ne serait alors véritablement pervers que celui qui serait amené à devoir nier l’altérité de l’autre -son caractère vivant-, à devoir l’instrumenter.

Anissa El Amine Merhi

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